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Ermites
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La définition
La vie érémitique ou anachorétique
La vie érémitique est une vie menée au désert, elle est également appelée anachorétque, parce qu'elle est vécue dans la solitude; elle désigne ainsi une vie très retirée du monde, menée par un moine seul, un solitaire.
Le canon 603, qui traite de la vie érémitique, doit être considéré comme un fait nouveau, dont on ne peut que se réjouir. Les ermites seuls et solitaires n'ont jamais reçu dans l'Église, de loi propre qui définisse leur état de vie. Une loi se donne pour un groupe de personnes, non pour des personnes individuelles.
Cette position ne fut pas celle de la Commission. Heureusement! Vivant seuls, les ermites forment en Églises une classe de personnes et sont aujourd'hui toujours plus nombreux. Ils portent un témoignage important: le témoignage de leur prière et de leur contemplation, celui de la pénitence, du silence et de la solitude. En considérant la vie érémitique, le Code y voit, ce qu'elle fut, l'origine et le modèle de la vie religieuse consacrée. La vie cénobitique a comme orignes, des ermites qui se groupèrent pour obtenir une direction régulière d'un maître spirituel, d'un Père -Abbas-reconnu pour son expérience.
Ces moines sont devenue cénobites; plus tard, à partir des monastères, s'instaurent les Couvents de frères qui se dévoueront aux uvres de charité, à la prédications et aux ministères sacerdotaux. Les Ordres mendiant remplaceront ainsi les moines au même titre que les nombreux instituts religieux de fondation plus récente qui ont permis à la vie monastique de retrouver sa première ferveur dans le silence et la solitude et de vivre une vie régulière « inter saepta monasterii», entre les limites du monastère, comme dit le Concile (PC no 9a).
La vie érémitique est donc à l'origine de la vie religieuse communautaire, même apostolique. Le fait est à souligner aujourd'hui ou l'on constate, dans les instituts religieux d'hommes comme de femmes, une diminution, si on une perte réelle, des Valeurs essentielles que sont le silence, la solitude, la prière, l'aus-térité de vie, les pénitences habi-tuelles à ce genre de vie, tous éléments qui sont propres à leur charisme de fondation.
Le canon 603 contient deux paragraphes: Le premier établit les valeurs spirituelles de la vie érémitique; le deuxième pose les exigences canoniques prévues pour qu'un(e) ermite soit reconnue tel par le droit de l'Église.
Ce premier paragraphe reste
très important pour sa valeur doctrinale qui concerne toute la vie consacrée
et comme nous le disions,plus particulièrement la vie consacré
religieuse.







La nature de la vie érémitique
La vie érémitique est de soi solitaire, elle ne constitue pas un institut de vie consacrée; elle est et reste une institution vénérable qui est à l'origine de la vie monastique et religieuse dans l'Église. Tout chrétien appelé par Dieu à ce genre de vie peut se faire ermite, à condition qu'Il puisse discerner la volonté divine sur sa vie et y soit aidé par des personnes compétentes. Le Concile Vatican 11 a fait discrètement allusion à ce genre de vie et cela à la demande expresse d'un Père conciliaire In Aula. Le Concile Vatican 11 ne pouvait ignorer cette demande, discrètement exprimé dans la Constition «Lumen gentium», no. 43a et dans le décret "Perfectae carutatis", no.1b. Il est étrange qu'on n'y ait pas fait expressivement allusion dans le décret "Ad gentes", no. 13d, d'autant plus que ce genre de vie n'est pas inconnu dans les religions non chrétiennes. Peut-être peut on voir implicitment une allusion à ce genre de vie et de l'adapter aux traditions authentiquement religieuses des peuples qu'Ils évangélisent (AG no.40b).
Le code énumère sobrement les éléments essentiels de la vie érémitique: ce sont : un retrait plus strict du monde, le silence de solitude, la prière et la pénitence assidues, la consécration de vie à Dieu, vie vouée à la louange divine et au salut du monde. Il nous faut analyser chacun de ces éléments.
Un retrait plus strict du monde: ce retraite est dit plus strict que celui de la vie monastique et de toute vie religieuse. Il est même plus strict que celui de la Chartreuses, qui vit une telle vie anachorétique en même monastère. Non sans raison, les chartreux dénomment aujourd'hui de préférence leur vie comme semblable à la vie érémitique. C'est toute la sagesse cartusienne que d'unir les éléments de la vie au désert à la stabilité monastique et à une vie fraternelle qui assure, en communion et cohabitation, le silence de solitude exigé par leur charisme. Saint Bruno se retira comme ermite au désert de Chartreuse et si on dit son Ordre «monastique», il faut l'entendre dans son sens plénier d'Ordre érémitique.
Beaucoup d'ermites suivent cependant une voie propre, plus personnelle, qui les même à un retrait plus complet du monde qui va jusqu'à être pratiquement total en certaines situations. Le Code parlant d'un retrait "plus strict" suggère une comparaison avec la vie monastique: les moines, aujourd'hui, jouissent en effet dans leurs abbayes et monastères d'un retrait du monde moins strict, moins absolu.
Le silence de solitude: l'expression est cartusienne. Elle a été reprise dans le canon 603; elle dit plus que silence de solitude, elle unit ces valeurs. A vrai dire, le silence de solitude n'est pas le silence externe de la solitude, du désert. Il est plus; ils est ce silence que suppose la solitude de Dieu qui est plénitude de vie et d'amour; il signifie l'effort d'une vie qui tend à cette union à Dieu, qui rend solitaire en Dieu celui qui se fait silencieux dans cette solitude divine. Ce silence de solitude exige d'autre part le silence du lieu, de l'entourage, du site, tout comme la solitude favorise et maintient ce silence en éloignant ce qui peut le troubler, tous ceux qui ne suivent pas cette voie de vie solitaire.
Pour vivre une vie érémitique sérieuse, il faut rechercher et exiger cette solitude du lieu et de la vie, ou un silence réel et profond est possible et peut être maintenu et approfondi, loin des habitations urbaines au bord de la mer, sur une île, en montagne ou en forêt.







La prière
assidue:
Le Code parle de prière, terme général qui recouvre autant la prière mentale que vocale; il ne s'applique pas à expliquer la "scala Dei", cette échelle qui mène à Dieu à partir de la lecture des Écritures, Lectio Divina, qui fait l'objet de la méditation, comme "rumination"; cette rumination de la Parole, qui permet un approfondissement de la vérité révelée, nourrit la prière qui peu à peu se simplifie en attention du cur et devient contemplation dans l'adhésion à Dieu, l'abandon à sa volonté, et permet d'être tout à Dieu seul, comme attitude propre de cette vie qui est recherche continuelle de Dieu.
Prière assidue, dans ce contexte, signifie une prière qui revient un état de vie selon la grâce reçue. Cette assiduité de l'oraison est, en effet, diverse selon la vocation personnelle. Les clercs resteront obligés à la récitation de l'Office divin; les autres ne suivent pas cette voie; certains sont attirés par une prière plus simple qui, de jour en jour, se fait plus intense en se simplifiant et prend des formes litaniques d'invocations brèves, répétées de manière rythmée et adapté à un silence qui se fait plus profond comme adhésion toujours plus forte à Dieu.
La pénitence assidue: comme la prière, la pénitence se fait attentive, habituelle. Le Code y voit un trait spécifique de la vie érémitique; qui dit pénitence dit conversion, attention à Dieu. C'est tout d'abord, pour l'ermite, la solitude du lieu, le silence de la vie, la stabilité dans ce monde de vie. Déterminant cette exigence, le code assure le sérieux de la vie solitaire. Les ermites n'ont pas toujours observé cette constance, certains, gyrovagues furent toujours en quête d'une meilleure solitude, d'un conseiller plus compétent, d'une situation plus tranquille! L'austérité de la vie provient toujours d'une prière qui se veut plus continuelle, plus fidèle, plus attentive à Dieu. De plus, la prière prolongée, plus fructueuse pour l'Église, connaît des tentations et vexations diaboliques que la tradition des Pères du désert ont signalé comme propres à cet état de vie et qui supposent un combat à tout; il le fait à un titre nouveau, celui de sa vocation, il le fait pour l'honneur de Dieu, l'édification ou la construction de l'Église, le salut du monde.
Ce qui rejoint les finalités définies au canon 603. SS1. Il recherche ainsi la perfection de la charité dans le service du royaume de Dieu; toute sa vie lui est vouée, et devient ainsi en Église un signe lumineux qui annonce dès ici-bas la gloire céleste. A un titre majeur, l'ermite réalise sa vocation de vie consacrée et cela de façon publique, approuvée par l'Église et évidence pour tous ceux qui le voient vivre en silence de solitude.
Un lien sacré confirme
l'observance des trois conseils.
Ce lien peut être un vu
ou tout autre lien sacré, c'est-à-dire une promesse renforcée
ou non par un serment. Il peut se faire également par déclaration
publique, à la manière du "propositum sanctum" des vierges
consacrées dont parle le canon 604, ss1. Notons une fois de plus qu'une
promesse ne se fait pas directement à Dieu de qui en ferait un vu
mais qu'elle se fait "porter Deum", à cause de Dieu qui appelle
et donne grâce de vocation, fidélité et constance. Le "protositum
sanctum" peut être, comme déclaration publique, un vrai lien
sacré. Il se fait devant Dieu et devant l'Église et exprime une
volonté ferme de suivre de plus près le Christ et de l'imiter
plus fidèlement dans la vie solitaire. Il fera de plus référence
à la loi de vie dont par le Code et qui, approuvée par l'évêque
responsable, entrera dans plus de détails.






Cette formule de profession
érémitique pourra
se concevoir de la façon suivante:
À la louange de la Très Sainte Trinité et pour le salut du monde, en réponse à l'appel de Dieu, je me consacre à Lui tout entier dans le silence de solitude et le retrait complet du monde.
Afin de vivre fidèlement cette consécration à Dieu, je Lui promets (je me propose) de vivre en pauvreté, chasteté et obéissance évangéliques une vie d'oraison et de charité universelle.
Le tout selon ce qui est exprimé
dans ma loi de vie: J'en fais profession entre les mains de...
Évêque de ce diocèse de le du mois de... De l'an de grâce 19 en l'Église de .... à ....
Que Dieu veuille accepter mon offrande et me donner la grâce d'y rester fidèle jusqu'à la mort.
Si on ne fait pas vu, on peut dire "je promets devant Dieu et ses saints"; si on fait un saint propos, on dire "je me propose".
Quelle forme d'obligation préférer?
Le "sanctum propositum" a l'avantage d'être une réponse
à Dieu sans cependant avoir les obligations propres au vu, obligations
qui sont souvent objet de doute ou d'inquiétude, d'autant plus que le
vu comporte, en plus de la matière à observer, une obligation
supplémentaire en raison de la vertu de religion. On préférera
le "saint propos" à une simple promesse; on ne voit d'ailleurs
pas de raison de confirmer cette promesse par un serment qui entraîne
lui aussi des obligation de religion.






La nature de la vie
La loi de vie prend pour l'ermite une importance majeure du fait qu'elle situe et règle sa vie et ses obligations diverses. Elle sera rédigée par l'ermite et doit être approuvée par l'évêque qui reçoit sa profession de vie érémitique. L' Évêque s'entourera de conseillers capables de juger la valeur de cette loi de vie; il fera appel, si posible, à un ermite ayant une longue expérience de vie solitaire. Il serait en effet imprudent d'agir seul en cette matière et un dialogue avec l'ermite qui demande son approbation est nécessité évidente.
Que déterminer dans la loi de vie? Cette loi est un programme de vie "ratio vivendi" dit le Code; en plus des éléments spirituels déjà rappelés, ce programme établira la stabilité dans l'ermitage, au lieu choisi comme plus apte à ce genre de vie; il faut en effet éviter toute instabilité. Plusieurs ermites, furent gyrovagues, indisciplinés, paresseux, jusqu'à faire scandale. D'ou une certaine réserve de l'Église pour ce genre de vie, malgré sa valeur spirituelle et son témoignage importants.
La loi de vie déterminera comment l'ermite compte pourvoir à son entretien, par le travail, s'il en est capable, ou par tout autre moyen, comme le sont les intentions de messe et de prière. Le travail sera de préférence manuel; il permettra une détente nécessaire, tout en favorisant l'union à Dieu dans la prière continuelle. Certains travaux de peinture, de céramique, de sculpture (objets religieux, icônes, statues, rosaires ou autre objets de culte) peuvent faciliter la prière. Plus difficiles sont les travaux de traduction, de transcription, car sont évidement à rejeter tous textes non religieux ou trop critiques ou polémiques.
Quant aux conseils évangéliques, une détermination prudente de leur matière, adaptée à la vie érémitique, est importante pour la paix de l'âme et le progrès dans les voies de Dieu. S'il y a vu, il est nécessaire d'en préciser clairement les obligations qu'il convient d'ailleurs de restreindre au minimum. Toute l'ampleur du conseil ne peut être matière de vu. Ce qui n'empêche pas de donner aux conseils évangéliques toutes les dimensions qu'ils comportent dans les divers aspects ce la vie érémitique. Il faudra faire la distinction entre normes fondamentales et applications concrètes qui, avec l'expérience, modifiées, soit avec l'accord de l'évêque, soit avec l'autorisation par l'évêque.
La chasteté n'est
pas seulement chasteté du corps mais aussi du cur et de l'esprit,
chateté de l'amour unique du Seigneur et des autres en Lui. La clôture
de l'ermite sera une protection à établir le silence devra être
protégé contre tout moyen de communication pouvant le troubler.
La chasteté sera une continuelle union à Dieu; elle sera soutenue
par l'oraison et la pénitence comme expression d'un amour unique et toujours
croissant.
La pauvreté est avant tout l'abandon de tout pour être à Dieu seul, elle est vécue avec le Christ qui a tout reçu du Père et lui a tout remis, pour faire sa volonté jusqu'à la mort dur la croix et la résurrection en gloire. Cette pauvreté s'exprime et se maintient par l'oraison qui devient un "Amen" au Père du Christ Jésus et se prie dans la force de l'Esprit.
Ceci établi, on déterminera la façon concrète de vivre la pauvreté évangélique en renoçant à toute propriété ou au moins à tout usage libre de biens personnels; ces biens, acquis ou prévus héréditairement, peuvent recevoir leur destination finale par testament; leur usage et la disposition d'éventuel revenue seront déterminés par la loi de vie, on ne permettra pas à un ermite d'en user pour faire l'aumône; cela risquerait de troubler sa solitude et de lui faire perdre le silence et la paix.
Quant à l'obéissance, elle aussi est avant tout obéissance à Dieu dans toute la vie, dans l'oraison, la pénitence, la solitude et le silence. Cette obéissance se réalise en résistant aux tentations propres à cette vie solitaire de prière et d'austérité et en gardant, en augmentant si possible, la solitude externe et le silence que ne doivent pas troubler les contacts avec la famille, les amis, les connaissances et les personnes qui éventuellement demanderaient conseils et direction spirituelle. Une correspondance abondante risque-rait de détruire le silence demandé par Dieu.
La loi de vie prévoira certaines interventions de l'évêque qui peut, pour le bien de l'ermite et le sérieux de sa vocation, lui imposer certains préceptes, au nom de l'obéissance, en vertu du vu ou de tout autre lien sacré. Il interviendra en matière grave comme le sont la stabilité, la solitude, le silence, l'austérité de vie, la régularité de la vie de prière, et tout excès en matière de communications avec l'extérieur. Ceci sous peine de se voir refuser l'approbation canonique de sa vie érémitique le droit de séjour dans le diocèse.
Quant à l'oraison, un certain rythme de prière peut être prévu dans la vie de l'ermite. A ce sujet une grande souplesse est exigée. La liturgie des heures obligatoire pour les clercs, peut en effet régler l'horaire du jour et de la nuit; l'ermite peut s'obliger à réciter ou à chanter tout ou une partie de l'office divin. Certains clercs préfèreront parfois s'en tenir à la récitation des heures importantes; Laudes et vêpres, en y ajoutant complies, ceci pour favoriser une prière plus simple, plus contemplative. Un autre élément peut rythmer cette vie solitaire: ce sont les temps destinés la méditation, la récitation du rosaire, à celle de certaines litanies, à des heures fixes. Tout cela, prévu avec sagesse et prudence, ne peut être un carcan mais doit devenir, dans l'application seule et régulière à la fois, une structure de vie qui puisse soutenir l'essentiel: vivre pour Dieu seul dans la plénitude de son silence éternel et de sa solitude d'amour.
Si l'on compare le canon
603 à celui du projet, deux points sont à noter: Le premier paragraphe
reprend la doctrine énoncée au canon 94 du projet et souligne
ainsi sa valeur doctrinale; le deuxième paragraphe a restreint la possibilité
de reconnaissance canonique aujourd'hui réservée à l'évêque
diocésain; il nous faut dire la raison de cette restriction. Enfin il
nous faudra parler des "laures" d'ermites, de leur utilité,
de leurs difficultés et de leur viabilité.






La nature de la vie érémitique
Dans le projet de 1977, on prévoyait une reconnaissance publique de l'ermite en Église, si la profession de vie érémitique se faisait entre les mains d'un supérieur religieux, supérieur de monastère - abbé ou prieur -ou entre les mains d'un responsable d'un Tiers -Ordre. Ce qui ne manquait ni de sagesse ni de discrétion. Un abbé, vu son expérience, peut être de bon conseil; un supérieur d'un ordre religieux peut avoir dans sa tradition des éléments d'érémitisme non négligeables; songeons à la tradition franciscaine et à l'expérience personnelle de saint François.
Aujourd'hui, le droit de reconnaître publiquement un ermite est réservé par le Code à l'évêque ou vit l'ermite et c'est entre ses mains que celui-ci doit faire profession des conseils évangéliques selon sa loi de vie, approuvée préalablement par l'évêque qui le reçoit dans son diocèse.
Cette profession de vie érémitique, si elle supposait les trois vux, rapprochait l'ermite du religieux; mais contrairement au projet de 1977, l'ermite peut aussi se lier par d'autres liens que les vux, à savoir par promesse, renforcée ou non d'un serment, par un " propositum", déclaration semblable à celle que font les vierges consacrées, ou toute autre forme d'engagement valable.
Ces liens sont sacrés du fait qu'ils répondent à une vocation divine et sont reconnus comme tels par l'Église.
Les déterminations apportées par le Code au sujet de la vie érémitique reconnue publiquement par l'Église sont donc plus exigeantes que celles que prévoyait le code de 1977. Que penser de ces déterminations plus concrètes? Chaque évêque n'est certes pas toujours au courant des exigences particulières d'un tel genre de vie; il peut lui être difficile en ce cas de discerner le sérieux d'une telle vocation. Comme nous le disions, un abbé pourrait recevoir l'ermite, même comme oblat de son monastère, sans qu'il vive pour autant sur le territoire de l'abbaye.
Une chose est certaine : la qualité d'une vie érémitique ne dépend pas de sa reconnaissance juridique, qui d'ailleurs ne lui assure pas nécessairement la meilleure direction spirituelle.
La loi de vie de l'ermite est importante; celui-ci doit la rédiger et la soumettre au jugement de l'évêque qui doit l'approuver. Cette approbation peut être donnée sous certaines réserves; elle peut être temporaire; elle peut poser au sujet du sérieux de la vie érémétique des conditions qui entraîneraient le retrait de l'approbation donnée, si la loi de vie n'était pas observée ou même le renvoi du territoire imposé par l'évêque, en cas d'infidélité grave ou de scandale.
La détermination
de la spiritualité que veut suivre l'ermite peut être utile. Il
peut se mettre à l'école des Pères de l'Église,
de saint Bruno, de saint François d'Assise, de la tradition cistercienne.
La loi de vie déterminera également comment soumettre certains
écrits de l'ermite à la censure épiscopale et comment en
permettre l'édition, tout en gardant la discrétion nécessaire
et même l'anonymat. Il faut éviter que ces écrits ne suscitent
des consultations nombreuses ou une correspondance qui troubleraient le silence
de l'ermite et pourraient détruire sa vie solitaire.






LAURES OU COLONIE ERMITES
Reste à examiner une dernière question: celles des laures. Une laure est un lieu ou vivent ensemble plusieurs ermites. Certains essais récents ont en effet réuni des ermites sous la direction d'un ermite expérimenté qu'ils se sont choisi comme maître spirituel.
Le Code est prudent à ce sujet. Il ne parle pas de laures. En effet, ces ermites restent rarement en un même lieu, même s'il est solitaire et très étendu. Les engagements qui les lient tous à un "ancien"sont souvent nuls ou très lâches. Ils ne sont d'ailleurs pas essentiels à une vrai vie érémitique. Aussi est-il difficile d'établir une laure et plus difficile encore de lui donner le statut d'une association privée ou de l'approuver et de l'ériger comme association publique. Le plus souvent, la laure sera connue comme union fraternelle; son existence dépendra de la volonté des ermites qui s'y sont réunis.
En tant que vie solitaire, vraiment érémitique, mieux fixée et plus stabilisée, il existe encore aujourd'hui des ordres comme celui des Camaldules et celui des Chartreux, qui, tout en assurant une solitude exigence ne prévoient pas un isolement complet; ils assurent une plus grande stabilité, une séparation du monde rigoureuse, un silence de solitude profond tout en ayant des éléments de vie commune comme la participation à une partie de l'office divin, et la célébration de l'Eucharistie. Ces ordres vivent une vraie vie solitaire; ils sont appelés plus justement ordres "érémitiques" qu'ordres "monastiques". Le terme "monastique" recouvre aujourd'hui trop de formes de vie différentes, aussi, par souci de vérité ceux qui veulent retenir l'antique solitude comme élément essentiel de leur vie, l'évitent.







Conclusion
On peut se réjouir de ce que le Code fasse mention de la vie érémitique, car elle n'est pas, comme le projet de 1977 le disait, un préliminaire aux divers types de vie consacrée. La vie érémitique a pris place parmi les normes communes, comme vie consacrée individuelle, non institutionnalisée.
Ayant fait mention des ermites comme des vierges consacrées, cette partie du Code aurait pu prendre comme titre : "de la vie consacrée" ou même, "de la vie consacrée à Dieu pour le salut du monde".
En tout cas le canon 603 répond
aux exigences de la vie ecclésiale actuelle. Grâce aux dons de
l'Esprit, le nombre des ermites est tel qu'une législation adaptée
ne pouvait taire leur existence, ni ignorer leur statut canonique. De plus,
l'Église se doit de reconnaître en cette forme de vie l'origine
de toute vie consacrée, même séculière. Ainsi, rappelée
discrètement par le Concile Vatican 11, elle est aujourd'hui clairement
proposée et canoniquement constituée dans la vie de l'Église.
La liste des ermites reconnue dans l'Église
| JOUR |
MOIS |
ANNÉE |
NOMS
|
PAYS
|
| 22 | 6 | 4 sc | Aaron | Bretagne |
| 16 | 6 | 4 sc | Àbraham | Edesse |
| 27 | 10 | 368 | Abraham | Monout |
| 4 | 6 | 940 | Adegrin | Cluny |
| 11 | 9 | 6 sc | Almire/Almerq | Maine |
| 5 | 5 | 1189 | Avertin | Touraine |
| 27 | 2 | 700 | Alnoth | Stowe |
| 22 | 2 | 460 | Barodat | Syrie |
| 5 | 12 | 1495 | Barthélemy Ile | de France |
| 26 | 11 | 7 sc | Basle | Verzy |
| 10 | 11 | 8 sc | Beaudoin | Italie |
| 9 | 5 | Beat | Laon | |
| 17 | 7 | 1720 | Benoît | Hongrie |
| 20 | 11 | 1167 | Benoît | Ricasolé |
| 16 | 10 | 2sc. | Bermerius | Ebolé |
| 9 | 9 | 8sc | Bettelin | Croyland |
| 14 | 5 | 500 | Bevignat | Pérouse |
| 1 | 5 | 650 | Bloudin | Méaux |
| 10 | 6 | 1389 | Bonaventure | St-Augustin |
| 26 | 7 | 19sc. | Beningne | Malcesine |
| 29 | 10 | 620 | Bond | Sens |
| 30 | 5 | 6sc. | Caidoc el fricor | Centule |
| 13 | 5 | 1124 | Caradoc | Galles |
| 9 | 4 | 1007 | Casilde | Brugos |
| 13 | 2 | 2389 | Castor | Cardon |
| 26 | 7 | 385 | Charus | Malcesene |
| 16 | 8 | 385 | Chérémons | Scété |
| 8 | 4 | 1265 | Clément d'Osimo | St-Augustin |
| 21 | 10 | 680 | Condé/Condède | Normandie |
| 27 | 11 | Congar | Somerset | |
| 23 | 2 | Damien | Cyr | |
| 27 | 8 | Decuman | Somerset | |
| 28 | 12 | 1374 | Degenhard | Niederaltaich |
| 5 | 7 | Damèce | Parthès | |
| 12 | 5 | 1109 | Dominique | Calzade |
| 19 | 8 | 535 | Donat | Sisteron |
| 25 | 10 | Doulchard A | Boureges | |
| 2 | 11 | 70 | Effian | Bretagne |
| 1 | 9 | 11sc. | Edgide | San Sepolero |
| 14 | 1 | 1096 | Engelmerd | Bavière |
| 11 | 2 | 1024 | Eiharn | Bretagne |
| 23 | 3 | 700 | Ethkwïd | Uks de France |
| 2 | 2 | 1846 | Étienne | Bellesini |
| 15 | 2 | 14sc. | Érisée | Piedmont |
| 18 | 8 | 9sc. | Évan | Écosse |
| 26 | 7 | 13sc. | Évangiliste | Périgrin |
| 27 | 11 | 871 | Edwold | Cerne |
| 25 | 10 | 715 | Engracia | Valentin |
| 9 | 8 | 14sc. | Falcus Nicolas | Calabre |
| 8 | 8 | 1150 | Famien | Calabre |
| 30 | 8 | 670 | Fiacre | Brie |
| 18 | 12 | 6sc. | Flavit Marceilly | Hayer |
| 22 | 9 | sc. | Florent | Pres deNorcia |
| 4 | 8 | 1350 | François | Cecco |
| 30 | 11 | 1329 | Fréderic | Ratisbonne |
| 18 | 14sc. | Fraiard Secondel | Nantais | |
| 30 | 5 | 6sc. | Frico | Centule |
| 22 | 4 | 700 | Frodulphe ou Frou | Paris |
| 25 | 10 | 715 | Frutos | Sepulveda |
| 3 | 12 | 1181 | Galfono | Guidotte |
| 16 | 5 | 600 | Geins ou Gens | Basset |
| 4 | 4 | 6sc | Georges | Peloponnesse |
| 5 | 1 | 1170 | Geerlac | Horithem |
| 19 | 4 | 978 | Gerold | Suisse |
| 6 | 8 | Gezelin | De Cologne | |
| 8 | 5 | 515 | Gibrien | Reims |
| 14 | 5 | 6sc. | Gilderic ouJoridry | Exmes |
| 26 | 7 | 6sc. | Glisent de | Brescea |
| 6 | 7 | 79 | Gaar | Rhenamie |
| 18 | 7 | Gonery | Bretagne | |
| 9 | 10 | 1045 | Gontier | Boheme |
| 10 | 1 | 1259 | Gonzalve | Admaranthe |
| 21 | 10 | 1422 | Gonzalve | Lagos |
| 16 | 10 | Gaordaine | Anchon | |
| 5 | 11 | Goussaud | Limousen | |
| 4 | 5 | 1343 | Grégoire Lopez | Mexique |
| 3 | 12 | Guier Galgano | Guidolth | |
| 26 | 4 | Guillaume/Peregin | Foggia | |
| 16 | 4 | 1318 | Guillaume/Peregin | Gnoff |
| 3 | 6 | Gurthien | Quimperle | |
| 11 | 4 | 714 | Gulhlac | Croyland |
| 16 | 1 | 1127 | Henri IIe | De Coket |
| 20 | 3 | 687 | Herbert ou Heribert | Cumberland |
| 16 | 3 | 1210 | Heribert Bois | Villiers |
| 15 | 9 | Hernin | Locarn | |
| 18 | 7 | 1119 | Hervé | Chalonnes |
| 12 | 11 | 4sc. | Hermier | Suicasse |
| 21 | 5 | 6sc. | Hospice | Nice |
| 11 | 12 | 1373 | Hugolin | Magalotti |
| 6 | 7 | Hugues | Menoroc | |
| 8 | 7 | Illumine Accita | di Castello | |
| 11 | 4 | 550 | Isaac | Spppoloette |
| 8 | 2 | 1470 | Isaie | Bowere |
| 14 | 12 | 250 | Isodore | d'Alexandrie |
| 6 | 8 | 6sc. | Jacques | Amida |
| 19 | 11 | 9sc. | Jacques | Berry |
| 13 | 2 | 1308 | Jacques Capoccio | Viterbe-Pallestine |
| 11 | 8 | Jean & Pierre | Becchti | |
| 23 | 10 | 1363 | Jean | Chisi |
| 27 | 3 | 394 | Jean l'Eegypte | Lycopolis |
| 29 | 9 | 1439 | Jean Le Grand | |
| 30 | 3 | 5sc. | Jean du Puits | Kibistra |
| 20 | 4 | 1399 | Jean | Masaccio |
| 17 | 10 | 6sc. | Jean le Nain ou Le Petit | |
| 1 | 8 | 1350 | Jean | de Rieti |
| 25 | 8 | Jean | Rozello | |
| 135 | 5 | 558 | Jean le Silentiaire | |
| 21 | 12 | 1012 | Jean Vincent | |
| 1 | 8 | 1120 | Jerome | Vallombreuse |
| 3 | 12 | 669 | José | Ponthieu |
| 17 | 1 | 337 | Julien | Sabas |
| 16 | 10 | Jutta ou Judith | Prusse | |
| 3 | 10 | Juvin | Reims | |
| 3 | 3 | Lamalisse | Écosse | |
| 16 | 8 | 1243 | Laurent | L'Eucuirassé |
| 13 | 10 | Léobon | Limouriasen | |
| 22 | 2 | Limnée | Cyr | |
| 2 | 4 | 653 | Longis | Maine |
| 6 | 11 | Loriant | Touraine | |
| 1 | 7 | Lunaire | Bretagne | |
| 24 | 6 | Lupicin | Berry | |
| 15 | 390 | Marcaire | l'Ancien | |
| 24 | 12 | 430 | Macédone | Antioch |
| 27 | 8 | 1024 | Malrub | Ecosse |
| 29 | 3 | 500 | Marcs | Atnénes |
| 2 | 11 | 381 | Marcien | Syrie |
| 19 | 8 | Marien | Épreux | |
| 8 | 4 | 1342 | Martin de | Rimini |
| 13 | 2 | 398 | Marinien | Athens |
| 16 | 11 | 800 | Nampasurs | Caniac |
| 31 | 7 | Néot | Angleterre | |
| 9 | 8 | Nicolas | de Flue | |
| 17 | 8 | 1167 | Nicolas | Politi |
| 10 | 9 | 1305 | Nicolas | Tolentino |
| 28 | 12 | 1344 | Otlo | Niederallaich |
| 11 | 11 | 330 | Paleman | Thebaide |
| 18 | 11 | 576 | Patrocle | Colombier |
| 15 | 1 | 342 | Paul | |
| 7 | 3 | 1340 | Paule le Simple | Egypte |
| 26 | 4 | 121 | Pérégrin | Foggia |
| 26 | 11 | Pérégrin | Augustin | |
| 11 | 4 | 4sc. | Pharmute | Arémiennie |
| 11 | 5 | 8sc. | Philippe | Zelle |
| 11 | 6 | 11sc. | Pierre | Athos. |
| 11 | 3 | 11sc. | Pierre | Baluco |
| 11 | 8 | 13sc. | Pierre | Becchete |
| 9 | 10 | 9sc. | Pierre | Galate |
| 17 | 6 | 1G35 | Pierre | Gambacorta |
| 29 | 10 | 1287 | Pierre | Gubbio |
| 22 | 2 | 5sc. | Poychrome | Zelinos |
| 31 | 1 | 6sc. | Pouange | Troyes |
| 11 | 2 | 1304 | Prima | |
| 8 | 3 | 7sc. | Psalmide | Limoudsin |
| 17 | 9 | 1104 | Regnauld | Melinas |
| 29 | 9 | 1349 | Richard | Rolle |
| 24 | 9 | 1220 | Robert | Koaresboruragh |
| 1 | 8 | 1061 | Rodolphe Pierre | Gubbio |
| 15 | 9 | 1386 | Roland | de Medici |
| 15 | 1 | 4sc. | Romedius de | Trente |
| 29 | 11 | 6sc | Salurnin | Hollande |
| 6 | 8 | 1138 | Schezelon | Luxembourg |
| 19 | 8 | 8sc. | Sébald | Nuremberg |
| 1 | 8 | 6sc. | Swcondel Pays | Nantaisse |
| 2 | 10 | 7sc. | Sérin | Chamlemerle |
| 7 | 5 | 669 | Arenic | Serenie |
| 27 | 11 | 6sc. | Sévérin | |
| 26 | 7 | 1016 | Siméon | Loirine |
| 2 | 2 | 1348 | Simon De | Cassea |
| 2 | 4 | 1322 | Simon De | Todi |
| 1 | 3 | 687 | Sisoès | Egypte |
| 4 | 12 | 794 | Sola | Germanice |
| 30 | 7 | 6sc. | Sylvain | Maine |
| 5 | 5 | 6sc. | Teuterie | Tusca |
| 22 | 2 | 5sc. | Thalasse Limnée | de Cyr |
| 27 | 2 | 460 | Thallé | Gabales |
| 20 | 4 | 320 | Thodore | Tricnivias |
| 4 | 4 | 395 | Théonas | Egypte |
| 30 | 6 | 1066 | Thibaud de | Piroyins |
| 3 | 9 | 1282 | Torello | Poppi |
| 9 | 5 | 4sc. | Tudy Tudin | Thelgo |
| 5 | 5 | 7sc. | Tusca | |
| 21 | 3 | 1370 | Ugolin | Zefferini |
| 9 | 9 | 7sc. | Ulpahace | |
| 10 | 7 | 1093 | Ulric | |
| 20 | 12 | 620 | Ursanne | |
| 25 | 10 | 715 | Velentin | Sepulveda |
| 8 | 9 | 7sc. | Vary | Limousen |
| 13 | 9 | Venerus | Palmaria | |
| 22 | 3 | 8sc. | Veredime | Uzes |
| 5 | 8 | 6sc. | Vatre | Tremblenif |
| 16 | 10 | 8sc. | Viau ou Vital | Arcis |
| 8 | 6 | Victorin | Cameriono | |
| 2 | 1 | 672 | Vincentien ou Viance | |
| 1 | 5 | 1300 | Vivald ou Ubald | |
| 13 | 1 | 400 | Vivence | Vergy |
| 29 | 5 | 757 | Votus et Félix | Saragine |
| 2 | 11 | Vulgan | Lens | |
| 1 | 10 | Ulgis | Troesne | |
| 22 | 10 | 7sc. | Wendel | Treves |
| 7 | 6 | 643 | Wulphy | Rue |
Ces noms soient d'une recherche sur:
http://www.chez.com/sarthe/sa-insolites.html
[La Cordelle] [Grandes dates] [St François et ses frères] [Spiritualité][Ermite aujourd'hui] [Prière] [art roman]
(1) Que ceux qui veulent rester religieusement dans les ermitages soient trois frères ou quatre au plus; que deux d'entre eux soient les mères et aient deux fils ou un au moins.
(2) Que les deux qui sont mères mènent la vie de Marthe et que les deux fils mènent la vie de Marie; qu'ils aient un enclos dans lequel chacun aura sa cellule où il priera et dormira.
(3) Qu'ils disent toujours complies du jour aussitôt après le coucher du soleil; qu'ils s'appliquent à garder le silence; qu'ils disent leurs heures; qu'ils se lèvent à matines et cherchent d'abord le Royaume de Dieu et sa justice.
(4) Qu'ils disent prime à l'heure qui convient, et après tierce qu'ils rompent le silence et puissent parler et aller auprès de leurs mères.
(5) Et quand il leur plaira, qu'ils puissent leur demander l'aumône pour l'amour de Dieu, comme de petits pauvres.
(6) Et après cela, qu'ils disent sexte et none, et qu'ils disent vêpres à l'heure qui convient.
(7) Et dans l'enclos où ils demeurent, qu'ils ne permettent à personne d'entrer et qu'ils n'y mangent pas.
(8) Que les frères qui sont les mères s'appliquent à demeurer à l'écart de toute personne, et que par obéissance à leur ministre ils gardent leurs fils de toute personne, pour que nul ne puisse parler avec eux.
(9) Et que les fils ne parlent avec personne, sinon avec leurs mères, et avec leur ministre et leur custode, quand il lui plaira de les visiter avec la bénédiction du Seigneur Dieu.
(10) Que les fils assument de temps en temps l'office des mères à leur tour, pour le temps qu'il leur aura paru bon de disposer. Et qu'ils s'appliquent à observer toutes les choses susdites avec sollicitude et application.
A ceux de ses frères qui veulent demeurer (stare) religieusement (religiose) dans les ermitages (in eremis), François rappelle qu' ils chercheront d'abord le Royaume de Dieu et sa justice (Lc. 12, 31).
C'est pourquoi, en vue de cette quête spirituelle menée ensemble, l'ermitage de "La Cordelle" sera un lieu franciscain fraternel
1. entouré d'un enclos (claustrum) à l'intérieur duquel "les frères garderont soigneusement le silence propice à l'écoute de Dieu et à la vie d'oraison personnelle, et d'une façon stricte, des vêpres à la fin de l'eucharistie du lendemain.
2. dans lequel chacun aura sa cellule pour favoriser le retrait et la solitude nécessaire à "son intimité personnelle avec le Christ" (cf. Catéchisme de l'Eglise catholique , n° 921) et à l'étude. Une bibliothèque sera aménagée à cette fin.
3. En vue d'unir leur louange, leur intercession et leur oraison à celle du Christ et de l'Eglise, les frères vivant dans l'ermitage se réuniront pour célébrer à la chapelle, sous l'inspiration de l'Esprit, selon les rites prévus par l'Eglise catholique,
a. l'office des laudes suivi de l'eucharistie, le matin aux heures convenues ensemble (le petit déjeuner sera pris ad libitum)b. l'Office des vêpres (suivi d'une réfection légère pour les frères qui le désirent au réfectoire).
La prière du milieu du jour en commun sera facultative. Elle introduira le repas de midi pour les frères qui souhaitent le prendre en commun.
L'office des lectures au milieu de la nuit pourra être proposé quand cela sera jugé opportun.
4. Avec la grâce de Dieu, l'ermitage sera un lieu de paix et de réconciliation où tous ceux qui le désirent, pourront avoir accès à la prière liturgique commune (offices des laudes et des vêpres) et à la vie sacramentelle (eucharistie et sacrement de réconciliation). Les moments réservés à leur écoute seront déterminés et limités afin que soient préservés le silence et la solitude des frères. Dans la mesure du possible, un lieu sera prévu pour cela.
5. Lieu fraternel, l'ermitage le sera dans un premier temps (c'est-à-dire jusqu'au chapitre de 1999 où un bilan sera fait) exclusivement pour des frères désireux de venir partager un temps de silence et de retrait dont les modalités seront déterminées avec la "mère" de l'ermitage. Leur nombre n'excèdera pas, en principe, le nombre des habitants de l'ermitage afin que chacun puisse, s'il le désire, être écouté et accompagné spirituellement durant son séjour. L'accueil se vivra dans un esprit de charité fraternelle.
6. Les frères de l'ermitage vivront tout d'abord cette charité au sein de la communauté
a. par l'écoute mutuelle dans les chapitres communautaires hebdomadaires et les moments convenus,b. par l'exercice des services qui seront organisés par celui qui aura la responsabilité de mère,
c. par la réponse aux besoins matériels des frères, lesquels s'attacheront à garder un mode de vie simple et modeste.
Les frères de l'ermitage réunis en chapitre détermineront ensemble la durée pendant laquelle ils seront "mère" ou "fils" avec l'accord du délégué des Ministres Provinciaux de la COPEF. Selon les orientations données par saint François, la "mère" assurera les relations avec l'extérieur et l'intendance. Les "fils" pourront, s'ils le demandent en chapitre, vivre pour un temps déterminé ensemble, une solitude et un retrait plus marqué. Les frères de l'ermitage détermineront ensemble en chapitre, s'il convient et comment répondre aux sollicitations extérieures qui permettront, si possible, d'assumer les charges financières de la communauté (cf. annexe)
Les frères de l'ermitage auront à coeur de réviser régulièrement en chapitre leur vie à l'aune de la Parole de Dieu et des Ecrits de saint François, des textes de l'Eglise et de l'Ordre.
7. Conscients du fait que "les ermites, dans la profondeur de leur solitude, ne se soustraient pas à la communion ecclésiale, mais la servent per leur charisme spécifique" (Exhortation à la vie consacrée, n° 42), les frères de l'ermitage auront cependant toujours à coeur d'examiner avec bienveillance et discernement les demandes de services qui leur seront faites, afin de rester en communion étroite et concrète avec l'Ordre et la Famille franciscaine, avec l'Eglise universelle et locale, et avec les hommes.
Ils se tiendront informés des évènements du monde pour le salut duquel Christi fideles, ils vivent un retrait plus strict par le silence de la solitude, par la prière assidue et la pénitence, vouant leur vie à la louange de Dieu (cf. CIC, n° 603).